Étaples – Camiers – Dannes : visite guidée « sur les traces du camp d’Étaples » – 5 mars 2016

Dans le cadre des commémorations de la Grande Guerre,  le Syndicat Mixte du Montreuillois, l’office de tourisme et le musée Quentovic d’Etaples proposaient une visite guidée sur les traces laissées par la Grande Guerre dans le paysage des communes d’Etaples, Camiers et Dannes.

Après une présentation à l’office du Tourisme, Joël Ramet, archéologue, nous emmène sur le site de la gare militaire de cette époque.

De mémoire, c’est là où il y a un stade de sport de nos jours (avenue Roger de Rocquigny) qu’arrivaient les blessés et où ils étaient « triés » en fonction de leurs blessures.

Photos ci-dessus : ©Jean-Noël Huchez

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Photo ci dessus : ©Jean-Noël Huchez

Nous nous dirigeons ensuite vers l’impressionnant cimetière militaire Britannique d’Étaples.  La plupart des gisants sont décédés à l’hôpital militaire, mais certains d’entre eux ont été victimes des bombardements allemands ou sont morts de maladie.

Ce cimetière recèle des secrets que Georges Poisson, du Musée Quentovic, nous fait découvrir.

Cimetière Britannique d'Etaples

Pour avoir visité le cimetière de Saint-Étienne-au-Mont, nous savions que des travailleurs chinois ont perdu la vie sur la terre d’opale… Un seul d’entre-eux est inhumé à Étaples.  Ce qui nous touche, c’est le respect des autorités Britanniques, sa tombe se trouve derrière un massif de bambous évoquant son pays.

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Dans un square également à part, des soldats Hindous reposent dans ce lieu de mémoire.

Monsieur Georges Poisson nous guide auprès des tombes les plus surprenantes…  Soldats ayant servi en Égypte, soldats allemands morts à l’hôpital, volontaires féminines YMCA servant dans les hôpitaux, soldats de la Seconde Guerre Mondiale… Sans ses connaissances, nous n’aurions pas découvert ces sépultures.

Direction ensuite vers Camiers… Là, ce sont les camps d’entrainement des troupes avant le casse-pipe qui étaient implantés et notamment le « Machine Gun Corp », entrainement au maniement de la mitrailleuse.

Nous terminons notre périple à Dannes, dans les dunes du Mont-Saint-Frieux, où des plots d’ancrage des baraquements sont toujours visibles.

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Une après-midi maussade au niveau de la météo mais enrichissante s’achève sous la pluie et dans la froideur…  le groupe se disperse sans plus de cérémonie… dommage, notre idée était de se retrouver à la brasserie « La Marina » de Sainte-Cécile, propriété de Joël Ramet, (tiens, un nom d’Étaples).

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Etaples Military Cemetary – janvier 2016

Non, il n’y a pas eu de combats à Étaples en 14-18 et pourtant, il y a un cimetière, et un immense.

La raison est qu’Étaples et les localités environnantes ont servi de bases arrières aux troupes du Commonwealth.

Camps d’entrainement et surtout hôpitaux anglais et canadiens ont occupé des tentes et des baraquements dans toute cette région.

L’instruction militaire, les conditions de vie et le peu de distractions des militaires étaient tellement éprouvants qu’une mutinerie a eu lieu en septembre 1917.

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Avec 10.700 combattants, le cimetière est le plus grand du Commonwealth en France.

 

Outre des soldats britanniques, canadiens, australiens, indiens, néo-zélandais et sud-africains, 20 femmes y reposent également.

Ce sont des infirmières mais également des volontaires militaires.  660 soldats allemands, prisonniers décédés de leurs blessures, y sont également enterrés.

 

A l’écart, derrière un massif de bambous symbolisant son pays, un ouvrier chinois du Chinese Labour Corp gît.  Fu Pei Chen de Tianjin est décédé en 1917.  Je vous proposerai la photo de sa sépulture dans un prochain billet.

Exposition « D’un regard à l’autre » – Maison du Port d’Étaples – 2015

Mes photos de photos sont déplorables.  Je vous les soumets pour vous donner une idée de la vie d’Étaples avant 1914.

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La collection, issue en grande partie de la collection du musée Quentovic est intéressante à de nombreux points de vue.

Ici, le pont du chemin de fer, construit à partir de 1847 pour la ligne Amiens-Boulogne.

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La place où les cultivateurs et maraîchers venaient vendre leurs produits.  Aujourd’hui, le marché d’Étaples attire toujours beaucoup de monde.

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Un lieu que beaucoup reconnaîtrons… devenu aujourd’hui Musée de la Marine, c’était à l’époque la Halle aux poissons, construite en 1874.

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Cette photo est commentée dans le fascicule de l’exposition.  Voici ce qui y est écrit :

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Tirage papier à partir d’un négatif sur plaque de verre au gelatino-bromure d’argent.

Les enfants ou « margats » selon l’appellation locale, apparaissent sur de nombreuses photographies.  Parfois en groupe, parfois seuls, ils jouent dans les rues ou sur le port et participent activement à certaines tâches comme le débarquement du poisson.  Ils deviennent alors un sujet idéal pour les artistes.  À la fin du XIXème siècle, les jeunes garçons embarquaient sur la bateaux dès l’âge de 8 ans.

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Une meilleure définition grâce à une reproduction de Daniel Piton pour Wikipasdecalais :

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Reproduction d’une carte postale de l’Hôtel Loos.  Cet endroit était souvent occupé par des artistes britanniques venus à Étaples et dans la région.  Ils ont laissé nombre d’œuvres témoignant de la vie de l’époque.

Le même endroit à notre époque :loos

 

Lien vers le livret de l’exposition : https://issuu.com/baranes/docs/dunregardalautre_photographiesdetap 

Le port de plaisance d’Étaples

Après un passé entièrement dédié à la pêche, le port d’Étaples est désormais exclusivement un port de plaisance.

En raison de l’envasement de la Canche et de l’accessibilité du port uniquement par haute mer, les Étaplois, pêcheurs réputés dans toute la France, ont désormais leur port d’attache à Boulogne-sur-Mer.

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Sa capacité est de près de 250 anneaux, dont 20 réservés aux visiteurs.  Ces derniers apprécieront ce port en ville, à proximité du Touquet, disposant de toutes les facilités pour les plaisanciers (réparation de moteurs, accastillage, lavage de bateaux, …).

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Le Roulev P130 est depuis 1972, un emblème pour la ville.  Hélas, il vieillit et souffre de plusieurs maux à répétition.  Il va sans doute être mis à la retraite car le coût des réparations tourne aux alentours de 250.000 € alors qu’il ne sert plus qu’un dizaine de fois par an (réparation de chalutier jusqu’à 130 tonnes).

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Pour la plaisance, le port dispose d’un enfourcheur d’une capacité de 7 tonnes, suffisant pour la plupart des unités.

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Etaples – Novembre 2014 : Visite du chantier de construction navale traditionnelle dans le cadre de Hareng Roi

Toujours dans le cadre d’une rencontre des Admirateurs de la Côte d’Opale (groupe FB).

L’ex chantier naval Leprêtre d’Étaples ouvrait ses portes gratuitement à l’occasion de le fête du Hareng Roi.

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Entre sa création en 1951, le chantier naval Leprêtre-Caloin a vu naître une cinquantaine de chalutiers.

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Des unités d’échouage, technique bien connue dans la région dans le village non pourvu d’un port, y ont également été construite.

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Actuellement, le chantier, propriété de la municipalité, pérennise le savoir faire et les techniques ancestrales de construction.

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Le Paulo est un Flobart construit en 1991 par Pierre Lamarche aux ateliers de l’Enfer à Douarnenez et entreposé dans la partie musée des Ex-Chantiers Leprêtre. Ce nom a été choisi en l’hommage à Paul Clerc, marin pécheur Berckois ayant navigué sur des bateaux d’échouage (Cordiers à moteur à Berck ou « Gros Flobart » à Boulogne). C’est la réplique de l’arche, un Flobart construit par Libert en 1951 pour Jacques Desplats de Wimereux. (http://flobartcalypso.canalblog.com/).

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Ci dessus, un canot pliant de la marque « Lapon ».  

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Canot de servitude de la SNBC (Service Maritime des ports de Boulogne-sur-Mer et Calais)

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Le bordage à clins est celui utilisé pour les flobarts.   Ce type d’assemblage, fait de planches se recouvrant comme des tuiles est bien plus léger que celui dit « à franc-bord ».

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Passons maintenant au joyau du chantier, le Charles de Foucauld.

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Ce chalutier de pêche latérale en bois, sorti des chantiers Leprêtre est mis à l’eau le 27 mars 1958.

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C’est un chalutier thonier construit pour le patron et armateur Guy Ramet.

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 Il a été classé au Monument Historique Patrimoine Maritime en 1984.

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Il pratique le chalut « bœuf » en compagnie du « Jésus de Prague » jusqu’en 1971.  A cette époque, son « veau » est remplacé par une unité en acier du même nom.

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Il devient alors le « veau », celui qui ramène le chalut.

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A partir de 1974, pour faire face à la concurrence des unités de pêche arrière, il est armé pour la coquille Saint-Jacques.

Il est désarmé en 1981.

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Etaples novembre 2014 – visite du musée de la Marine dans le cadre du Hareng Roi

Dans le cadre de la rencontre amicale des Admirateurs de la Côte d’Opale (FB).

Le Musée de la Marine est ouvert gratuitement à cette occasion et, de plus, notre ami Bertrand Dupont expose ses photos de l’épave du Socotra, cargo à vapeur échoué sur la plage du Touquet le 26 novembre 1915.

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Bertrand est intarissable concernant cette épave, son histoire et les photos saisissantes qu’il en à faites.

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Son enthousiasme est communicatif, il sait passionner son auditoire.

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Bien que nous l’ayons déjà visité, nous nous dirigeons vers l’expo permanente du musée.

Ci-dessus, une maquette de l’église Saint Michel, bâtie au XIIIème siècle et détruite lors d’un bombardement en 1944.

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Levons les yeux sur le haut d’une vitrine et admirons les balouettes…  ces girouettes placées en haut du grand mât avaient des formes particulières qui permettaient de reconnaître un chalutier à bonne distance.

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Les marins pêcheurs étaplois sont très attachés à la religion.  Chaque bateau avait sa chapelle à bord, comme celle ci-dessus.  

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Je profite de la mezzanine pour prendre deux photos

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de la salle du rez de chaussée.

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A l’étage supérieurs, de nombreuses maquettes apportent une vue historique de la pêche.

Je vous en ai déjà présentées quelques unes ici, je ne vous en propose donc une seule.

Voici un flobart ponté berckois – fin XIXème – début XXème.

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